lundi 30 septembre 2013

LA MUSIQUE DE MES YEUX











C'était l'ouverture de Vivons le Théâtre. Une nouvelle journée, soleil, une chanson, des nouvelles têtes, de nouvelles émotions, une nouvelle collaboration, un nouvel horizon s'ouvre au-delà des mots.

laissons parler l'image.

Ce que je vois? Une bouffée de parfum d'orchidée et de monoï bouge autour de moi. Je vois avec l'odeur. Je vois les sourires du bonjour, les murmures des cadeaux, les cigarettes qui s'allument, les lèvres qui volutent des fumées de tabac. Je vois, des bouches qui chantent ensemble et qui fusionnent dans l'improvisation; dans l'imprévu, dans l'impromptu. Je vois dans les odeurs que les corps, les alchimistes de l'émotion, répandent sur le macadam des villages, des buissons de fleurs rouges, rouges comme .... Je vois l'éphémère fulgurance des vies parallèles se croiser et fusionner, laissant dans leur sillage une trainée de nuages blancs dans un ciel bleu de printemps-automne. A toi parfum d'exception, à toi à qui je parle, à toi à qui j'écris, éternellement,

A demain

samedi 28 septembre 2013

"NE SOMMES-NOUS QUE L'OMBRE DE NOS PERSONNAGES?"



Mon île, petite fleur, fleur rouge, fleur de feu, fleur de braise, tu flottes dans le coton du théâtre, le velours noir du côté cour, le velours noir du côté jardin, ma fleur, ma pourpre, mon petit animal, mon poème qui transperce l'écran des projecteurs, mon île, où est ta plage que je dorme enfin?





 Belle étape passée hier avec ce si beau filage du Petit Nuage. Comme quand la beauté enfin te comble et t'autorise à lâcher la pression, tu te répands alors, dormir enfin avec le coton dans les yeux.

 Quelle belle aventure encore avec ce trio, ces trois beaux acteurs qui éclairent mon texte, ma mise en scène. Qu'enfin tout est simple, clair et lumineux, qu'enfin les quelques personnes présentes restent quelques minutes muettes. De ce beau mutisme qui d'une moue de la bouche indique que Wouah!



 "Tout au bout du quai où le ferry attend, elle voit le violoniste marcher en jouant la musique. L'archet vole et elle l'entend chanter. Elle entend dans sa bouche les mots qu'elle vient de prononcer: "Où est parti cet homme qui était ma moitié? Où est partie son âme quand il s'est évaporée?"

Le violoniste lui répond:


"Si la douceur vient du toucher d'où vient la larme indépendante qui veut sortir et exploser. Qu'est-ce que nous savons vraiment de ce que nous faisons? Qu'est-ce que nous savons de ce que nous sommes? Où ne sommes-nous que l'ombre de nos personnages? Où sont les sensations quand le corps et l'esprit se sont alliés pour fabriquer un démon? Le démon qui me torture et me pervertit? Où est ce que j'ai perdu? 
Toi à qui je parle, toi à qui j'écris, mon bateau, ma caravane, mon océan, mon pirate, mon bandana, mon geko, ma merveilleuse, ma plage, ma fleur rouge de l'aéroport, épine du Christ, femme libre, mon papier de carton, mon souvenir immédiat, mon geste de côté, mon regard éperdu, mon étincelle, mon rire quand tu veux me punir, ma musique, mes belles paroles de ma chanson, toi à qui je parle, toi à qui j'écris,"

 "Garde ton pied léger, ton regard aiguisé, tes cheveux mouillés qui embaument les haies du théâtre, la chaleur de ton corps qui embaume les rayons des projecteurs, les mains sur la table, le sourire accueillant, la beauté insolente, la pensée qui s'échappe, la liberté j'espère, la liberté j'espère, 
j'écrirai un spectacle où tu seras la liberté, toi à qui je parle, toi à qui j'écris, j'ai déjà commencé, c'est toi qui joues, c'est de toi que je parle, tu seras l'actrice et je serai celui qui dort dans le ruisseau, épuisé, qui ne peut pas aller plus loin et s'évapore dans la rosée de la nuit, mais tu es la nuit, l'aube et l'étoile et le soleil et la galaxie et où que je sois tu es là, pour mon bonheur, heureusement tu es là, toujours là et je t'aimerai toujours, c'est une certitude, tu seras le passant sur la berge du fleuve, tu seras le son de l'oiseau qui s'envole, la musique du pied sur le plancher, tu es la chaleur sur la joue du projecteur lointain, du théâtre qui m'enveloppe, de l'instant éphémère qui me rassure, la représentation et puis... toi à qui je parle, toi à qui j'écris,"

A demain

jeudi 26 septembre 2013

TOI, LE VELOURS DE MES RÊVES




a toi mon île, mon port, ma plage où je viens reposer, mon horizon, mon trait de lumière qui me guide la nuit, mon rayon, mon soleil, qui réchauffe mes jours, éclaire mon théâtre et chante mes chansons, ma merveilleuse, ma gamine, baby,



Le noir est ma maison. Dans le noir il n'y a pas de peur, pas d'horreur, pas de ténèbres. Dans le noir du velours il y a le théâtre qui surgit avec douceur dans un rayon de lumière. Une image alors commence à projeter un écran de la vie, on entend quelquefois des sons comme des notes de musique. Mais quelle est la différence entre un bruit et la musique! Les acteurs le savent. le metteur en scène le sait, l'éclairagiste le sait. Et le spectacle commence. Quelques jours pour atteindre l'inaccessible rêve, l'inaccessible étoile de ce moment furtif où finira la répétition, où le spectacle sera, où la question de Shakespeare "être ou ne pas être" résonnera encore, suspendra cet instant et tout sera fini. Jusqu'aux prochaines répétitions. Jusqu'à notre première le 5 octobre à termes, où la question reviendra: est-ce qu'on sera????
.
 

"Kanumera mon amour, dans la distance qui nous sépare, le bruissement de l'eau, des feuilles de cocotier, m'a réveillé. Je me suis retrouvé les yeux ouverts à un endroit où je ne devais pas être. Quelque part dans la voie lactée, dans le blanc lumineux des nuages de Magellan, un endroit où je te cherchais, toi ma plage où je dormais. Là, dans la fureur de la vitesse de la lumière, tout est calme et volupté. Je me suis rendormi. Je me disais - voilà donc la maison qu'elle habite la nuit? Voilà le monde où elle va quand elle s'endort, quand je m'endors, et qu'ensemble nous partons vers nos milliers d'autres vies? - Je me disais que ce calme de l'espace autour de nous nous aidait à contempler nos vies, à les lire, à les comprendre, à les relire, à les écrire, à les rêver, à les projeter, à revenir en arrière, à repartir en avant, à fusionner mille fois encore et encore, et à vivre encore et encore tout ce qui n'est pas possible le jour, tout ce qu'on ne peut pas vivre le jour, tout ce qu'on nous interdit le jour, tout ce qui n'est pas dans la lumière du monde autour de nous, tout ce qui n'est pas autorisé dans cette société où nous sommes tricards!!! "


A toi à qui je parle, à toi à qui j'écris, si c'est ma cent cinquantième vie que je vis, je vois briller les six millions d'autres pas très loin,

A demain

lundi 23 septembre 2013

MON SOLEIL

KANUMERA

Mon île, ma merveilleuse, mon soleil, mon étoile, ma famille, ma caravane, Kunuera, mon amour, ma musique, ma chanson, mon histoire,

Les jours se tiennent par une main de satin qui les lie, les relie et tourne les pages de leurs histoires. Hier le soleil a brillé partout, dedans, dehors, dans les maisons, dans les familles, dans les êtres abandonnés, chez les amoureux, dans les spectacles, dans les répétitions, dans les têtes et dans les esprits, chez ceux qui se faisaient la guerre, le soleil a brillé pour effacer les tempêtes de la lune de septembre.
Et le spectacle avance, et le Petit Nuage a transporté celle qui l'aime, et la famille a fait chanté celle qu'elle aime. Maintenant, le chemin va s'ouvrir et les fleurs vont pousser.

Kanumera, ma plage de sable fin, ma peinture de l'amour, ma vie, mon île, je vais te chanter. Je vais faire de ton nom et de tes couleurs, la plus belle chose que j'entrevois être capable de m'élever jusqu'à toi. J'ai commencé. Je vais peindre ta beauté, ton audace, tes aventures car tu as des aventures à chaque heure du jour, tes grandes guerres où tu te lèves en sueur au milieu du chemin, je vais raconter tes sublimes fulgurances poétiques, tes mots écrits sur ce sable inconnu, tes pas de femme libre. Je vais raconter ta liberté. Libre. Libre. Libre, avec le prix que tu paies pour ça chaque seconde. Le prix que tu paies pour vivre ta vie avec ce qu'elle a eu de surprises et de révélations, de banal et de quotidien et puis soudain d'épopée au-delà de l'imaginable. Ton aventure va loin, sur des voiliers légers et des vagues parfois immenses. Je te tiens la main et je pars avec toi.


A toi à qui je parle, à toi à qui j'écris,

A demain

dimanche 22 septembre 2013

KANUMERA MON AMOUR






KANUMERA

Mon berceau de corail, mon huile de sang, ma vie, ma couleur de nuage, ma fleur, ma guitare, ma merveilleuse, Kunuera, ma voix, mes poèmes dans les cheveux, mon petit animal en fuite,


 
KUNUERA où es-tu ?


Quelquefois tout est dans le fleuve qui s’écoule, et parfois tout est labeur. Quelquefois le théâtre avance d’un pied, de l’autre, quelquefois il se plombe, ne bouge plus. Tout est labeur alors. Travail d’acteur. Il y a de la poésie même dans la direction d’acteur.
Sous mes yeux, les esprits se dispersent, les regards s’obscurcissent, tout a besoin de lumière. Je vois les pensées de chacun quitter le plateau, pleurer dans le désert sans savoir où aller. Je vois les barrières transparentes s’immiscer entre nous, je vois les acteurs malmener leurs personnages, les secouer, les rendre responsables de leur douleur. Il faut poser des mains délicates sur la dispute et panser les sanglots. Tout ira mieux demain. Jouer ! Jouer bien sûr. Mais jouer quoi ? Être qui ? Où ?

"Kanumera mon amour, où es-tu ? 

Dire le gonflement des parfums qui t’imprègnent et me gagnent, ne peut suffire à m’en sevrer. A peine effleurée du bout du souffle la plage de soie de ta peau et te voilà partie. Je pleure tout seul dans le gouffre du vide qui se dresse devant moi. Je ferme la porte pour cacher le tableau. Et je redresse à nouveau le tien. Ton paysage Kunuera. Je repeins ton visage, je recoiffe ta révolte, je redessine ta liberté. Lève-toi. Plante-toi comme un animal fait de sa brousse et de ses océans. Comme une lionne dans l’herbe haute, et lève ton regard de femme libre. Paisible et sûre de toi, plisse tes yeux et parle nous de ce qui fait ta liberté. Chante nous la course, muscles bandés, quand il faut convaincre les montagnes. Crie nous les batailles, griffes sanglantes, quand il faut tuer tes démons. Fais rugir l’orchestre dans la symphonie de la lutte contre les peurs qui t’envahissent. Ecris nous le poème de tes voyages dans les vagues déferlantes, monstres de masses d'eau et de sel. Et reviens apaisée et lente, calme et douce, t’allonger sur le sable de corail. Quelquefois il fait froid et la guerre est violente. Quelquefois les marées se succèdent dans la paix. En haut, les étoiles mènent la danse. Ma merveilleuse, les nuits sont lumineuses. Les larmes envahissent mes paupières quand je te vois venir avec tes attentions de gamine amoureuse, ma plage, ma tortue, ma lionne."

A toi à qui je parle, à toi à qui j'écris,

A demain

 



vendredi 20 septembre 2013

VENTS ET CONTREVENTS


Ma pleine lune, ma galaxie, ma chandelle clignotante dans l'espace, ma muse, ma merveilleuse, mon voyage de Magellan, ma famille, ma guitare, ma musique, ma chanson,





Le vent souffle dans un sens et puis tourne dans la nuit. Tout autour du théâtre, les abris se font rares. L'été indien viendra peut-être, mais aujourd'hui la lune est plus forte que tout.

La magie du jeu toujours présente nous fait tomber dans les fous rires et c'est bon.

Les plateaux de bois accueillent les mouvements, les semelles, les coups de pieds, les énergies, les émotions. Tout ce qui passe par les pieds, c'est insensé quand on y pense. Est-ce que vous savez que votre coeur, votre âme s'exprime surtout par les pieds, leur équilibre, leur force, leur sensibilité, leur légèreté?

"nos pieds dans l'herbe se posent délicatement comme s'ils avaient les yeux qui leur permettent d'éviter les âmes des insectes. Nous cherchons ensemble une douceur, nous cherchons ensemble un endroit où poser nos rêves, où poser nos chuchotements, nos murmures, où pouvoir nous parler, où pouvoir nous dire ce que nous n'avons jamais le temps de nous dire, ce que nous oublions, ce que nous avons dit mille fois dans nos têtes, ce que nous protégeons dans nos mains pour pouvoir le donner, ce que nous avons rêvé pour pouvoir le raconter. Nous l'avons trouvée cette clairière. Nous l'avons trouvé ce paysage, la soie de notre fusion"

A toi à qui je parle, à toi à qui j'écris

A demain

jeudi 19 septembre 2013

LE VENT SOUFFLE SUR MA FAMILLE



 La lune est pleine, elle attrape violemment les nuages et les souffle d'un revers de main, inlassablement, heure de pointe chez les planètes, tout se bouscule et les sens viennent se loger dans le noeud du coeur qui bondit et rebondit, orchestre de la rue, percussion de ferraille.

Mon plateau de vieille planche, mon puzzle secret, mon foyer imaginé, ma maison de bois, mon île, mon théâtre, ma merveilleuse, ma Californie, mon rêve, ma gamine, ma musique, ma belle balade au paradis, ma faim, ma soif, mon dictionnaire du bonheur,

La magie des reprises, le plaisir des retrouvailles, la grandeur des acteurs, toujours, toujours plus grands et plus beaux que tout.
 La grandeur de l'auteur, l'intelligence du texte, les rires quand on le relit.

Les traces dans les yeux, les reflets sur les peaux.

L'invention sur l'instant comme une guitare improvise le jazz, le rock ...
 La musique qu'ils jouent les acteurs, dans la seconde de la répétition est magnifique.
 "Sur le quai  le paquebot fait rugir un moteur et éloigne sa poupe, et tourne en rond quelques minutes, avant de lancer son étrave vers la sortie du port. Elle est sortie du bar où le violoniste a bu du rhum avec elle. Elle a les yeux noyés, dans leur couleur, dans leur marée. Elle ne voit pas grand-chose parce qu'elle ne cherche pas à voir. 

Elle cherche à sentir. Elle cherche une odeur. Elle cherche une humidité sur ses doigts. Elle cherche des mots qu'il lui murmurait. Elle les voit elle les sent elle les entend. Les traces ne sont pas des vieux souvenirs qu'elle force à remonter.

Les traces ne sont pas les ruines du passé. Les traces sont sur sa robe, les cartes postales sont sur sa chemise de mec. Les messages téléphonés sont écrits sur ses lentilles. 

 Le bateau n'est plus rien. Il a laissé dans l'eau plate du port un sillage qui disparait, une écume qui s'apaise et efface. 

Que reste-t-il de ce dernier balbutiement sur la pierre brisée sous le phare au loin, au bout de la jetée?


Tout. Tout est là. Dans ses cheveux, sur ses lèvres.

Comme le sillage qui s'efface dans le nouveau mouvement des vaguelettes insignifiantes du port, les traces de cet immense vie parlée et dite et vécue seconde après seconde ne disparaitra jamais, se fondra dans les écumes renouvelées, les phrases éternelles."

Répéter, répéter, répéter, répéter, que reste-t-il du théâtre quand un acteur prend la relève. Où sont les traces? Que font les traces?

Un mélange de l'avant, de l'instant, du présent, du futur. Que du bonheur.

A toi à qui je parle, à toi à qui j'écris,

A demain

mercredi 18 septembre 2013

LES NUAGES



 Mon théâtre, mon île, mon océan, ma prairie d'algues vertes, ma petit fleur, ma merveilleuse, ma musique, mon nuage, mon étoile, mon étincelle parfumée, ma lumière, ma nuit,












Signes dans le ciel, musiques muettes des passages du vent, matières vivantes tissant le lien ente la terre et le cosmos, les nuages vont, les nuages viennent.


Dans les halls de béton, le théâtre attend son plateau, sa nouvelle toile, le velours noir de son nouveau manteau.
Attendre.
Attendre.
Dans le silence des répétitions qui retrouvent la saveur de l’écriture à ciseler.
Dans la beauté des nouvelles inspirations qui vont achever la sculpture du texte.
Beauté des musiques éternelles entendues pour écrire, et soufflées par mon île, ma merveilleuse, ma tortue, mon messager.
 










« Beauté des paysages qui fleurissent dans ta voix. Beauté des mouvements symphoniques qui dessinent dans la lumière de tes yeux des reflets pleins d’espoirs. Beauté des phrases éternelles qui nourrissent le livre de notre voyage. Beauté des murmures retrouvés, et des chuchotements. Grandeur des instants tant espérés enfin vécus, aussitôt séparés. Beauté des promesses cachées dans les confidences étouffées  et immenses. Beauté, toi, ma beauté, ma magnifique."
 




A toi à qui je parle, à toi à qui j'écris,


A demain

lundi 16 septembre 2013

VIVONS LE THEATRE EN CORBIERES-MINERVOIS

 

Ecrire, écrire, écrire, écrire, à toi mon île, ma merveilleuse, mon fil, ma musique, mon théâtre, ma maison, à toi à qui je parle, à toi à qui j'écris, tout ce que j'écris c'est pour toi, tout ce que je vois c'est pour que tu le vois, tout ce que je sens c'est pour que tu le sentes,, tout ce que j'entends c'est pour que tu l'entendes, suis-je un pont comme dans la chanson, un passeur comme sur les deux rives, c'est pour toi, 

A demain



samedi 14 septembre 2013

TRACES


 Mon chapiteau de toile noire, mon île, ma merveilleuse, ma magicienne, ma clochette, ma visiteuse, mon hasard, ma rencontre, ma belle muette, ma bouche qui murmure, ma voix, mon silence qui parle, mes lèvres qui s'agitent, ma magnifique étoile du vendredi,








C’est un billet. Comme on en trouve dans un guichet de gare, sur un quai, dans un aéroport. Pas de photo d’identité. Un mot de passe. C’est tout.
Le billet d’entrée dans le chapiteau.


C’est un rendez-vous, c’est un jour, une heure, une saison, un moment, une autre planète.
Quelqu’un attend, derrière ces murs de bâche bleue. Quelqu’un attend. Et c’est là le mystère.
 



"Quand la porte s'ouvrira, je serai ébloui par la lumière et tu seras toi aveuglée par l'obscurité. Tes pas hésiteront quelques secondes avant d'accepter de reprendre leur mouvement. Enfin tu entreras, quelquefois simplement pour t'assoir et regarder. Quelquefois pour t'assoir puis te lever pour dire un mot, faire un sourire, lire une phrase, écrire un morceau, chanter deux vers d'une chanson. C'est une maison qui ouvre ses portes aux petites mains fines mais musclées qui savent saisir celles que je leur tends. Alors je te prends par la main, te guide dans le bleu foncé du théâtre jusqu'au début de l'histoire du Petit Nuage de Magellan.
Là commence la magie des rencontres. Je te regarde regarder. Je te vois aspirée par la force de la scène et je sens tout ton corps vibrer. C'est là devant le spectacle, c'est là devant un filage, c'est là quand nous jouons ensemble, c'est là tout le temps. Ce qui nous lie est au dedans et au dehors. En regardant nous fusionnons. En jouant nous fusionnons. Les étoiles s'éclairent dans le nuage de Magellan. Aujourd'hui. Le revoilà. Ca commence. Viens."


A toi à qui je parle, à toi à qui j'écris, le ventre bouillant des vibrations de l'attente, l'amour est le moteur de cette histoire,

A demain

jeudi 12 septembre 2013

CHANTIERS ACTEURS - EVOLUTION

Ma merveilleuse, ma Maison de mon âme,  ma plage, mon funambule, ma courbe sinueuse entre la vague et l'eau, mon air, ma musique, ma muse, mon île, mon épaule, mon étoile, à toi à qui je parle,






Eclairer la lecture, s'immerger dans l'écriture, courir après le sens, se débarrasser des réflexes visionnaires,  imaginer, plus tard, imaginer, laisser venir, tenter l'aventure de ne pas comprendre tout de suite, de ne pas se contenter de ce que disent les mots puis les phrases, laisser le champ libre à l'intelligence, la laisser vadrouiller seule, et la combler des cadeaux que lui offre le plateau, la scène, le hors-scène, le ciel du chapiteau, le noir, la lumière, le son, les voix.





Résumer l'histoire des chantiers-acteurs de Vivons le Théâtre est impossible. Ils sont passés de propositions de création avec 30 personnes, à des collaborations et des initiatives de formation complémentaires. Et puis les groupes de participants changeant tous les ans, les propositions se sont recentrées sur la création et 
 les distributions mixtes, l'écriture et l'écriture scénographique, la chorégraphie.





"La Vraie Vie est Ailleurs", et "Ma Famille", les deux créations des deux dernières années, ont consolidé ce parti pris. Ce sont maintenant deux spectacles qui tournent, associés à l'écriture, la
 recherche et la découverte d'un auteur.








RESISTANCE(S)

Comme l'histoire de cette jeune femme du Clan Pêcheur que nous raconte les kanaks depuis quelques jours, nous partons dans ce chantier cette année à la recherche des êtres humains qui tentent de résister à l'oppression sous toutes ses formes - quotidiennes, familiales, religieuses, communautaires, sociales, raciales, gouvernementales, sexistes, patriarcales, matriarcales - .


L'itinérance de ce chantier brise la routine de Vivons le Théâtre et le confort du petit groupe en création. L'itinérance est elle aussi une façon de combattre les privilèges et d'affronter l'inconnu, le nouveau, les nouvelles relations humaines, la rencontre, les rencontres.
 "Où se logent les nerfs qui m'envoient des décharges de chevrotine dans le ventre, dans les tripes? Accrochés l'un à l'autre par les fils des comètes, nous nous parlons sans arrêt de l'instant, de ce qu'il est, de ce qu'il pourrait être, puis du prochain, de ce qu'il sera, de ce qu'il pourrait être, et de ce que nous sommes, ce que nous sommes qui fabrique l'impossible rêve. Impossible rêve d'où émerge la magie, l'inaccessible étoile où brille le secret, le merveilleux nuage où dort, lové comme un doux coquillage, l'amour qui nous unit. Car nous sommes unis, nous qui semblons si loin.
Oui nous sommes ensemble nous qui semblons séparés. Nous respirons le même air nous qui logeons sous des cieux éloignés. Nous chantons la même chanson nous qui dormons quand l'autre se lève. Parce que sans cesse le murmure qui nous habite roule vers l'âme soeur, le coeur vivant de l'autre, le sang gonflé de l'autre. Sans cesse l'invisible lien qui nous relie, vibre et parle, parle, parle, et nos oreilles sensibles écoutent, écoutent, écoutent. Et nos deux êtres ensemble construisent leur histoire, et avancent, avancent, avancent."

A toi à qui je parle, à toi à qui j'écris, viens, une lumière secrète éclaire le chemin que nous prenons,

A demain